Avec sa simplicité, Thérèse disait un jour, à sa sœur Céline :

Rien ne nous assure que les saints canonisés sont les plus grands. Dieu les a mis en relief pour sa gloire et notre édification,  plus que pour eux-mêmes.  Conseils  et souvenirs

N’oublions pas que ses chers parents Louis et Zélie comptent parmi les saints reconnus par l’Eglise depuis le 18 octobre 2015.
Thérèse désirait être sainte et elle chercha une chemin qui lui permette d’accéder à la sainteté. Devenue docteur de l’Eglise, elle nous laisse un trésor : “sa petite voie” 

   Belles Fêtes de la Toussaint !

…Aujourd’hui, 2 novembre, prions  pour ceux qui sont entrés dans la Vie et que nous retrouverons un jour dans la Paix et la Lumière de Dieu.

Bientôt nous serons au Ciel… Là, il n’ y aura plus de jour ni de nuit mais la Face de Jésus fera régner une lumière sans égale ! LT 95
Ce qui m’attire vers la Patrie des Cieux, c’est l’appel du Seigneur, c’est l’espoir de l’aimer enfin comme je l’ai tant désiré et la pensée que je pourrai le faire aimer d’une multitude d’âmes qui le béniront éternellement. LT 254

Thérèse entretient une relation très fraternelle et pacifiante avec nos amis du Ciel : Elle se souvient d’une belle expérience spirituelle faite avec ses petits frères du Ciel, étant encore aux Buissonnets lorsque sa sœur aînée Marie est entrée au Carmel :

Lorsque Marie entra au Carmel, j’étais encore bien scrupuleuse. Ne pouvant plus me confier à elle je me tournai du côté des Cieux. Ce fut aux quatre petits anges qui m’avaient précédée là-haut que je m’adressai, car je pensais que ces âmes innocentes n’ayant jamais connu les troubles ni la crainte devaient avoir pitié de leur pauvre petite sœur qui souffrait sur la terre. Je leur parlai avec une simplicité d’enfant, leur faisant remarquer qu’étant la dernière de la famille, j’avais toujours été la plus aimée, la plus comblée des tendresses de mes sœurs, que s’ils étaient restés sur la terre ils m’auraient sans doute aussi donné des preuves d’affection… Leur départ pour le Ciel ne me paraissait pas une raison de m’oublier, au contraire se trouvant à même de puiser dans les trésors Divins, ils devaient y prendre pour moi la paix et me montrer ainsi qu’au Ciel on sait encore aimer !… La réponse ne se fit pas attendre, bientôt la paix vint inonder mon âme de ses flots délicieux et je compris que si j’étais aimée sur la terre, je l’étais aussi dans le Ciel… Depuis ce moment ma dévotion grandit pour mes petits frères et sœurs et j’aime à m’entretenir souvent avec eux, à leur parler des tristesses de l’exil… de mon désir d’aller bientôt les rejoindre dans la Patrie !… Ms A44r°

De même, au carmel, elle fait un rêve qui lui fait comprendre à nouveau que le Ciel est peuplé d’âmes qui la chérissent : 

Aux premières lueurs de l’aurore, je me trouvais (en rêve) dans une sorte de galerie, il y avait plusieurs autres personnes, mais éloignées. Notre Mère seule était auprès de moi, tout à coup …

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sans avoir vu comment elles étaient entrées, j’aperçus trois carmélites revêtues de leurs manteaux et grands voiles, il me sembla qu’elles venaient pour notre Mère, mais ce que je compris clairement, c’est qu’elles venaient du Ciel. Au fond de mon cœur, je m’écriai : Ah ! que je serais heureuse de voir le visage d’une de ces carmélites !

Alors comme si ma prière avait été entendue par elle, la plus grande des saintes s’avança vers moi; aussitôt je tombai à genoux. Oh ! bonheur ! la Carmélite leva son voile ou plutôt le souleva et m’en couvrit… sans aucune hésitation, je reconnus la vénérable Mère Anne de Jésus, la fondatrice du Carmel en France. Son visage était beau, d’une beauté immatérielle, aucun rayon ne s’en échappait et cependant malgré le voile qui nous enveloppait toutes les deux, je voyais son céleste visage éclairé d’une lumière ineffablement douce, lumière qu’il ne recevait pas mais qu’il produisait de lui-même… Je ne saurais redire l’allégresse de mon âme, ces choses se sentent et ne peuvent s’exprimer…

Plusieurs mois se sont écoulés depuis ce doux rêve, cependant le souvenir qu’il laisse à mon âme n’a rien perdu de sa fraîcheur, de ses charmes Célestes… Je vois encore le regard et le sourire PLEINS d’AMOUR de la Vble Mère. Je crois sentir encore les caresses dont elle me combla… Me voyant si tendrement aimée, j’osai prononcer ces paroles : «O ma Mère! je vous en supplie, dites-moi si le Bon Dieu me laissera longtemps sur la terre… Viendra-t-Il bientôt me chercher?… » Souriant avec tendresse, la sainte murmura : «Oui, bientôt, bientôt… Je vous le promets.» – «Ma Mère, ajoutai-je, dites-moi encore si le Bon Dieu ne me demande pas quelque chose [2v°] de plus que mes pauvres petites actions et mes désirs. Est-Il content de moi?» La figure de la Sainte prit une expression incomparablement plus tendre que la première fois qu’elle me parla. Son regard et ses caresses étaient la plus douce des réponses. Cependant elle me dit : «Le Bon Dieu ne demande rien autre chose de vous. Il est content, très content!…» Après m’avoir encore caressée avec plus d’amour que ne l’a jamais fait pour son enfant la plus tendre des mères, je la vis s’éloigner… Mon cœur était dans la joie, mais je me souvins de mes sœurs, et je voulus demander quelques grâces pour elles, hélas !… je m’éveillai !…

O Jésus ! l’orage alors ne grondait pas, le ciel était calme et serein… je croyais, je sentais qu’il y a un Ciel et que ce Ciel est peuplé d’âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant… Cette impression reste dans mon cœur, d’autant mieux que la Vble Mère Anne de Jésus m’avait été jusqu’alors absolument indifférente, je ne l’avais jamais invoquée et sa pensée ne me venait à l’esprit qu’en entendant parler d’elle, ce qui était rare. Aussi lorsque j’ai compris à quel point elle m’aimait, combien je lui étais peu indifférente, mon cœur s’est fondu d’amour et de reconnaissance, non seulement pour la Sainte qui m’avait visitée, mais encore pour tous les Bienheureux habitants du Ciel…MsB2r°

 

Thérèse promet d’accompagner son frère missionnaire dans sa mission même après son entrée dans la Vie. Ne doutons pas qu’elle agisse de la sorte avec nous aujourd’hui en nous faisant sentir la douceur et le bonheur d’avoir près de soi “une âme amie”. Merci Thérèse de ton amitié ! 

Quand je serai au port je vous enseignerai, cher petit frère de mon âme, comment vous devrez naviguer sur la mer orageuse du monde avec l’abandon et l’amour d’un enfant qui sait que son Père le chérit et ne saurait le laisser seul à l’heure du danger. Ah ! que je voudrais vous faire comprendre la tendresse du Cœur de Jésus, ce qu’il attend de vous. Dans votre lettre du 14 vous avez fait tressaillir doucement mon cœur, j’ai compris plus que jamais à quel point votre âme est sœur de la mienne puisqu’elle est appelée à s’élever vers Dieu par l’ASCENSEUR de l’amour et non pas à gravir le rude escalier de la crainte… Je ne m’étonne en aucune façon que la pratique de la familiarité avec Jésus vous semble un peu difficile a réaliser ; on ne peut y arriver en un jour, mais j’en suis sûre, je vous aiderai beaucoup plus à marcher par cette voie délicieuse quand je serai délivrée de mon enveloppe mortelle, et bientôt comme St Augustin vous direz : “L’amour est le poids qui m’entraîne.” LT 258

Moi qui ne suis pas pour rien votre petite sœur, je vous promets de vous faire goûter après mon départ pour l’éternelle vie ce qu’on peut trouver de bonheur à sentir près de soi une âme amie. LT261

Je vous avoue, mon petit frère, que nous ne comprenons pas le Ciel de la même manière. Il vous semble que participant à la justice, à la sainteté de Dieu, je ne pourrai comme sur la terre excuser vos fautes. Oubliez-vous donc que je participerai aussi à la miséricorde infinie du Seigneur ? Je crois que les Bienheureux ont une grande compassion de nos misères, ils se souviennent qu’étant comme nous fragiles et mortels, ils ont commis les mêmes fautes, soutenu les mêmes combats et leur tendresse fraternelle devient plus grande encore qu’elle ne l’était sur la terre, c’est pour cela qu’ils ne cessent de nous protéger et de prier pour nous. LT 263

Je ne me repens pas de m’être livrée à l’Amour. Oh ! non, je ne m’en repens pas, au contraire !
DE 30 sept 1897 (jour de son entrée dans la Vie)

Je vois ce que j’ai cru
Je possède ce que j’ai espéré
Je suis unie à Celui que j’ai aimé
de toute ma puissance d’aimer.
LT 245, Ecrit sur une image en souvenir d’adieu