Être glorifié…

Quand nous regardons l’actualité de notre monde, nous pouvons avoir une petite idée de ce que veut dire “être glorifié”: avoir réussi, être une star, un super-héros que tout le monde regarde avec admiration, et envie…
Comme si souvent, l’Évangile vient à contre-courant de la pensée du monde, et nous indique un tout autre chemin. Jésus, alors qu’il sait qu’il va mourir, annonce à ses disciples qu’il va être glorifié. Il essaie de faire comprendre à ses disciples ce chemin tout autre de la gloire, sommet de l’Amour…

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara: maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jn 13, 31-33a.34-35

Thérèse dans le quotidien de son Carmel éprouve de la difficulté à aimer certaines de ses sœurs ; elle ne craint pas de l’écrire.
Ainsi, elle nous transmet comment elle s’est laissée guider par Jésus dans la voie de l’amour fraternel. Faisons nôtre sa prière pour demander au Seigneur de nous apprendre à aimer, afin de prendre notre place dans le combat de l’Amour…

Lorsque Jésus fit à ses apôtres un commandement nouveau, SON COMMANDEMENT A LUI, comme Il le dit plus loin, ce n’est pas d’aimer le prochain comme soi-même qu’Il parle mais de l’aimer comme Lui, Jésus, l’a aimé, comme Il l’aimera jusqu’à la consommation des siècles…
Ah ! Seigneur, je sais que vous ne commandez rien d’impossible, vous connaissez mieux que moi ma faiblesse, mon imperfection, vous savez bien que jamais je ne pourrais aimer mes sœurs comme vous les aimez, si vous-même, ô mon Jésus, ne les aimiez encore en moi. C’est parce que vous vouliez m’accorder cette grâce que vous avez fait un commandement nouveau. – Oh! que je l’aime puisqu’il me donne l’assurance que votre volonté est d’aimer en moi tous ceux que vous me commandez d’aimer !… Oui je le sens, lorsque je suis charitable, c’est Jésus seul qui agit en moi ; plus je suis unie à Lui, plus aussi j’aime toutes mes sœurs. […]
Lorsque je veux augmenter en moi cet amour, lorsque surtout le démon essaie de me mettre devant les yeux de l’âme les défauts de telle ou telle sœur qui m’est moins sympathique, je m’empresse de rechercher ses vertus, ses bons désirs, je me dis que si je l’ai vue tomber une fois elle peut bien avoir remporté un grand nombre de victoires qu’elle cache par humilité, et que même ce qui me paraît une faute peut très bien être à cause de l’intention un acte de vertu. Ms C. 12 v°